Inondation, très sérieux, ne pas s’abstenir d’agir !
Le point « N° 18 Objet : Plan Loire Grandeur Nature 2007-2013. Attribution d’une subvention à l’établissement Public Loire. Approbation d’une convention de partenariat. » nous a permis d’évoquer le risque inondation pour Orléans.
Je suis intervenu, en tant que conseiller général du canton St Marceau, le plus touché des quartiers d’Orléans en cas de crue de la Loire. En effet, pour Orléans, en matière de risque d’inondation, seule une partie de son territoire est concernée, et cette partie si l’on excepte les quais de Loire, c’est justement St Marceau !
Cependant, si 100% des habitants de St Marceau sont impactés en cas de crue majeure, bien d’autres habitants demeurant plus au Nord ou plus au Sud, subiront eux aussi, pour des raisons de transport, de localisation d’entreprises, de perturbations des réseaux « eau gaz électricité.. » des préjudices plus ou moins grands. Sans parler bien sûr de toute la zone du val de Loire, en amont et en aval d’Orléans, dans le Loiret et au-delà.
Fin octobre, s’est déroulé sur le terrain, un exercice d’évacuation simulant en temps réel la survenue d’une crue. Ce type d’exercice doit permettre d’évaluer les dispositifs d’alerte, d’information et d’intervention.
Avant cet exercice, M. le président du conseil général nous avait convié à une présentation des dernières données en matière d’inondation de la Loire dans notre département. Il y avait eu deux interventions, la première de l’état par le DREAL, la seconde par le Directeur du CEPRI, Nicolas-Gérard CAMPHUIS.
Citations : « L’inondation : une certitude relativement fréquente à l’échelle de vie d’un territoire…
Les crues sont des phénomènes naturels : leur apparition est certaine dans le temps, même pour des évènements que l’on dit « rare ».
On ne peut éviter toute inondation : il y aura toujours une crue suffisamment forte pour dépasser les protections érigées (digues) et mettre à mal le territoire. L’histoire de la Loire le montre, avec des crues dévastatrices revenant régulièrement comme celle de la période 1709-1711 ou celles de la trilogie 1846 – 1856 – 1866. A chaque fois la Loire a réussi à passer par-dessus les digues.
Villerest réduit la hauteur de crue mais n’efface pas les inondations : Villerest, c’est de l’ordre de 60 à 80 cm en moins à Orléans, sur une crue d’une hauteur totale de 6 à 8 m en Loire. »
« L’inondation a une capacité de dévastation et de paralysie très forte
Toutes les grandes inondations à travers le monde le confirme : l’inondation (avec les séismes) est le seul évènement capable, en temps de paix, de produire des destructions et des paralysies similaires à celles que produisent des guerres.
Des dévastations importantes par leur nature-même
Quand une maison, une entreprise ou un collège restera plusieurs jours, sous une hauteur d’eau allant de 80 cm jusqu’à 3 ou 4 m (comme ce sera le cas le long du Loiret par exemple), les dégâts au bien sont très importants et peuvent compromettre la sécurité du bâtiment lui-même. Les experts sont formels : un bien inondé pendant plusieurs jours demande plusieurs mois avant d’être remis en état et d’être opérationnel ! »
« Il existe ainsi deux types de crues possibles dans le département du Loiret
- Le premier type de crue se caractérise par une montée des eaux sans risque de rupture de digue, avec une inondation localisée de certaines parties des Vals (embouchure du Loiret, Val de Gien…)
- Le second type de crue générerait une hauteur d’eau au-delà de laquelle les ruptures de digues sont probables, avec un remplisse ment des Vals à l’image des crues de 1846, 1856, 1866. Ce risque de rupture de digue n’est pas à minorer dans la mesure où les digues construites le long du fleuve l’ont souvent été par empilement successif du Moyen-âge au XXème siècle de matériaux souvent non homogène entre eux fragilisant ces digues. De plus, le lit de la Loire à évoluer depuis la construction de ces ouvrages et certains pieds de digues sont fragilisé. Les services publics ont pris conscience de ces dangers et travaillent actuellement à l’identification des différents types de digues et à leur remise en état.
Une crue majeure de la Loire constituerait pour l’ensemble du département du Loiret, ses services, ses usagers et son économie une crise d’une envergure exceptionnelle : 84 communes menacées, 80 000 personnes, 31 000 logements, 3000 entreprises en zone inondables. Concernant le seul Val d’Orléans sur 64.800 habitants, 45.000 vivent en zones inondables. Cela concernerait 24830 logements, 1820 entreprises, 9600 emplois impactés par inondation avec rupture de digues.
Sur les 45.000 personnes qu’il conviendrait d’évacuer préventivement et par précaution avant l’arrivée possible de l’inondation, 2/3 d’entres elles pourraient trouver une solution de relogement temporaire (famille, amis). II faudrait trouver, toutefois, des solutions d’hébergement pour le 1/3 restant environ15.000 personnes. »
Il ne s’agit pas d’effrayer ou d’inquiéter, même si la simple évocation d’une telle catastrophe fait peur, mais plutôt de s’assurer que tout est mis en œuvre pour y faire face.
En premier lieu prévenir !
Et dans ce domaine il y a l’entretien, la surveillance et le renforcement si besoin, des digues. C’est de la responsabilité de l’état.
Prévenir c’est aussi maîtriser l’urbanisation et ne pas aggraver les risques potentiels dans les zones inondables.
Ensuite il y a la gestion de crise. La nécessaire coordination de tous les services concernés, pour garantir une évacuation efficace.
Enfin, il y a l’après crise. Comment réparer, reloger, indemniser… dans un contexte où une vaste zone de notre territoire national peut être concernée simultanément. Comment ne pas laisser les populations se débattre pendant des années, dans des procédures sans fin !
Le conseil général, en lien avec la préfecture peut activer à tout moment une cellule de crise. La ville a de même un dispositif permettant l’information, en lien avec cette cellule.
Citation : » Cette identification des besoins et les travaux de réflexions qui ont été mis en œuvre ont conduit à l’identification d’un dispositif de gestion de crise cohérent et modulable, capable de répondre aux risques et aux menaces qui peuvent toucher le département et susceptible de s’intégrer dans le dispositif plus large organisé par les services de l’Etat en cas de crise majeure.
Cette identification des besoins et les travaux de réflexions qui ont été mis en œuvre ont conduit à l’identification d’un dispositif de gestion de crise cohérent et modulable, capable de répondre aux risques et aux menaces qui peuvent toucher le département et susceptible de s’intégrer dans le dispositif plus large organisé par les services de l’Etat en cas de crise majeure.
