A propos de… La fête du muguet !

photo Pierrette
Le muguet, gracile, aux fines clochettes, au parfum frais et odorant, symbolise le premier mai ! Mis à la boutonnière des travailleurs de la planète, il est chez nous intimement associé à la fête du travail.
Après avoir parcouru à vélo les bords de Loire jusqu’à l’océan, en compagnie de quelques amis de l’orléanais, j’ai participé vendredi au rassemblement du 1er mai de St Nazaire. Sous un soleil radieux, 7000 personnes « chiffre du journal Ouest France », se sont retrouvées sur la place de l’Amérique latine, ambiance sérieuse où les sujets de préoccupations concernant l’emploi, l’économie, alimentaient toutes les discussions !

photo Pierrette
Premier mai, fête du travail et des travailleurs ! Il serait bon de redonner du sens à tout cela me semble t’il… S’interroger et discuter pour à nouveau s’approprier ces notions simples qui paraissent si éloignées de nous…
Existe-t’il encore une valeur travail ? De même, quel contenu donner à la valeur entreprendre ? Ou encore, peut-on dire que dans nos valeurs, persiste la fierté d’un savoir faire accompli et du travail bien fait ? La valeur ajoutée du produit de qualité reste t’elle une valeur reconnue? Et la solidarité universelle autour du partage des fruits des efforts de l’humanité, une chimère? Le respect de l’humain, avec la valorisation de l’expérience et de sa transmission à la génération suivante, un songe du passé?
Beaucoup d’interrogations qui se heurtent à des vents contraires, mais qui prennent toute leur actualité devant les aberrations d’un système mondial dérégulé,livré à des intérêts exclusivement financiers !
En ce qui concerne la situation économique, ce qui me laisse vraiment perplexe c’est l’incapacité générale d’appréhender l’avenir ! ! Non pas, pour une perspective lointaine, dans le style « comment seront les siècles à venir », pas même aussi loin que la seconde moitié du 21 ième siècle, mais tout simplement demain, après demain, les mois qui viennent et les années devant nous !
Nos plus grands spécialistes mondiaux, dont un certain nombre d’économistes européens et français, nous décrivent, parfois même difficilement, les évènements d’hier, mais restent muets ou se perdent en conjectures sur les évolutions « possibles, probables, certaines ou définitivement sans lendemain », à venir…
Idem pour évoquer les solutions, les remèdes, les alternatives aux dérives actuelles.
A la lumière de cette dérive financière planétaire, d’une ampleur inégalée dans l’histoire, sur quoi et comment rebâtir durablement un modèle économique viable ?
Les états ont décidé suite au désastre de la finance internationale, de « renflouer » le tonneau sans fond des spéculations hasardeuses ! « Il fallait le faire ! » nous dit-on !
Avec quels moyens l’ont-ils mis en oeuvre?
Principalement avec l’accroissement sans précédent des déficits publics, et la planche à billet , qui aux Etats Unis mais aussi chez nous, fonctionnent à plein régime…
Une question s’impose : Redresser une situation, ou du moins tenter de le faire, en creusant une dette déjà lourde, et en reportant les efforts sur la génération suivante, n’est-ce pas tout simplement « reculer pour mieux se faire sauter ! ! ! » ?
Chez nous, dans le même temps, ce sont les salariés des entreprises qui vont payer le prix fort de la crise ! Pendant que d’aucuns, à la bourse et dans des paradis fiscaux, faisaient, il y a encore quelques mois, des bénéfices colossaux , des grands groupes organisaient des délocalisations et des fermetures, sur le dos de la crise à des fins purement financières. Bien sûr, le ralentissement économique engendre de grandes difficultés pour l’industrie et les services avec à la clef des licenciements et du chômage !
Cependant il est quand même « extra ordinaire » qu’une fois encore, ce sont les bénéfices qui restent répartis sur quelques uns, et tous les déficits qui sont mutualisés sur tous, avec en plus le drame de la perte de travail pour beaucoup !
Ailleurs, ce n’est sans doute pas très différent, tout au moins dans les pays occidentaux.
Par contre, pour une grande majorité de l’humanité, la crise est d’abord alimentaire, elle concerne aussi l’accès à l’eau potable et à l’énergie. Une situation catastrophique par endroit, où se conjuguent les intérêts contradictoires du développement mondial, et de l’auto suffisance alimentaire, avec de plus, le contrôle des richesses, et tout particulièrement des matières premières !
Ce sont là des enjeux vitaux, et la désespérance est à la mesure de l’absence de résolution internationale pour apporter des solutions.
Chez nous, le revenu moyen par habitant, reste très élevé par rapport à la moyenne planétaire ! Mais que signifie t’il lorsqu’on a perdu son « boulot » ou que l’on se situe dans cette nouvelle catégorie dite « des travailleurs pauvres » ? ! ! En France, aujourd’hui, des millions de personnes, travaillent, mais ne tirent pas suffisamment de ressources de leur activité pour pouvoir assumer l’essentiel « loyer, santé, transport et même alimentation » !
A côté de cela, nous continuons à produire des richesses et à bénéficier d’une situation bien plus favorable que dans d’autres pays.
Pourquoi dans ce contexte continuer à accroître les inégalités en maintenant les niches fiscales, en tolérant l’évasion des capitaux et la fraude, en favorisant fiscalement les plus hauts revenus comme s’il y avait besoin d’en avoir toujours plus ! ! !
De jour en jour, on annonce des plans sociaux et des fermetures d’entreprises, y compris dans des secteurs bénéficiaires et performants ! Comment ne pas céder à la colère ? ! Comment comprendre et accepter l’inacceptable ? !
Hier, l’intervention de la puissance publique, « l’état », semblait pour tous les tenants de l’économie libérale « la seule, la vraie ! » une vieille idée désuète, invraisemblable, digne d’être proposée par quelques vieux « socialos » qui ne comprennent rien à rien !!
Et bien, depuis que l’Angleterre, l’Allemagne, et bien sûr, les Etats-Unis ont découvert « non pas l’Amérique » mais le contrôle étatique et même la nationalisation « note de l’auteur : on peut à nouveau l’écrire, ce n’est plus considéré comme un gros mot », peut être allons-nous aussi aller jusqu’à penser qu’il faut un pilote pour la société humaine !
Que l’économie n’est qu’un moyen, et que ce moyen doit être au service d’une vision de l’humanité, de choix de vies et d’intérêts supérieurs déterminant les conditions du bonheur et de la prospérité !
C’est sans nul doute un doux rêve car je sais bien ce qui mène le Monde ! « un peu comme les enfants, je me prends à croire que ce sont les idées généreuses plutôt que le pouvoir et l’argent… » Notre responsabilité de démocratie est grande, car chez nous, chaque citoyen participe aux choix de ses dirigeants. Or, qui choississons-nous ?
Des visionnaires emplis de bon sens et de projets à longs termes ou de joyeux opportunistes démagogues et flatteurs ??
« A quand le gouvernement du Monde ? » dit-on parfois ! Déjà, si nous arrivions à construire une Europe politique, solidaire, sociale, de défense, pour la recherche, la science, la culture, éprise de liberté et de paix, tournée vers la jeunesse et attentive à tous, tout particulièrement aux plus faibles , ce serait ni plus, ni moins que formidable!!!


